La mort de Wolfgang Amadeus Mozart, survenue en 1791, a longtemps été entourée de mystère et alimentée par la théorie d'un empoisonnement orchestré par son rival Antonio Salieri. Cependant, une analyse approfondie de son historique médical, à travers ses correspondances et celles de son entourage, révèle un tableau bien différent, marqué par une série de maladies contractées dès son plus jeune âge.
Les Premières Infections et la Variole
- Dès l'enfance, Mozart a souffert de diverses affections. À six ans, il fut atteint de ce qui fut diagnostiqué comme une scarlatine, mais qui pourrait avoir été une périartérite noueuse d'origine streptococcique. Trois ans plus tard, une fièvre typhoïde le plongea dans un coma d'une semaine. Une crise de fièvre rhumatismale survint un an après, sans toutefois laisser de séquelles cardiaques majeures.
En 1767, une épidémie de variole frappa le jeune compositeur. Son père avait refusé la vaccination, et Mozart, ainsi que sa sœur Nannerl, furent traités avec une poudre de margrave, un remède de l'époque, avant de se rétablir.
Les Années de Maladie et de Créativité
En 1784, Mozart fut de nouveau affecté par un streptocoque, entraînant un syndrome de Schönlein-Henoch, une affection rénale chronique. Malgré ces problèmes de santé récurrents, notamment de nouvelles fièvres streptococciques en 1787 et 1790, sa productivité créative ne faiblit pas. L'année de sa mort, 1791, fut particulièrement prolifique, avec 38 compositions répertoriées, incluant des œuvres majeures comme le Concerto pour clarinette et le Requiem.
Les Derniers Jours et les Funérailles
Les derniers jours de Mozart furent marqués par une dégradation rapide de son état. Le 19 novembre 1791, il présenta des œdèmes, de la fièvre, des vomissements et une hémiparésie. Un diagnostic de méningite fut posé. Malgré des moments d'accalmie durant lesquels il travaillait à son Requiem, son état s'aggrava, marqué par des migraines violentes et des convulsions. Il s'éteignit le 5 décembre 1791.
Contrairement à une idée reçue, Mozart ne fut pas enterré dans une fosse commune, mais dans un caveau de troisième classe, une pratique courante à l'époque pour les décès hivernaux, lorsque la terre était gelée. Sa femme, malade, n'assista pas aux funérailles, mais des amis proches lui rendirent un dernier hommage.
