Une enquête nationale révèle qu'une part significative de la population active française est confrontée à la réalité des salariés aidants, une situation souvent méconnue et silencieuse au sein des entreprises. Ces travailleurs jonglent entre leurs obligations professionnelles et l'aide apportée à des proches en perte d'autonomie, engendrant des impacts notables sur leur vie.

Key Takeaways

  • Un Français sur cinq a aidé un proche au cours des douze derniers mois.
  • Près de 5 millions de salariés sont concernés en France.
  • L'aide est majoritairement apportée à des parents âgés.
  • Plus de la moitié des aidants consacrent au moins six heures par semaine à cette tâche.
  • La "génération sandwich" est particulièrement touchée, cumulant responsabilités familiales et professionnelles.
  • L'impact sur la vie professionnelle inclut une baisse de productivité, des absences et des renoncements à des opportunités de carrière.
  • Une majorité de salariés aidants ne communique pas sa situation à son employeur par crainte ou méconnaissance des dispositifs.
  • Il existe une forte attente de la part des salariés pour des accords d'entreprise dédiés.

L'ampleur du phénomène

L'enquête menée par l'agence HOW MUCH révèle qu'en 2025, 22% des Français ont aidé régulièrement un proche, et 18% sont encore dans cette situation. Les estimations de l'Observatoire OCIRP pour 2025 chiffrent à environ 5 millions le nombre de salariés aidants en France, soit près de 7% de la population active. Cette aide est le plus souvent dirigée vers un parent âgé en perte d'autonomie, mais 35% des aidants accompagnent plusieurs proches simultanément.

Une charge de temps et d'énergie

L'aidance représente un investissement temporel conséquent. Près de deux aidants sur trois y consacrent au moins six heures par semaine, avec 36% dépassant les dix heures. Cette charge pèse particulièrement sur la "génération sandwich", ces aidants qui s'occupent à la fois d'enfants à charge et d'un proche dépendant.

Conséquences sur la vie professionnelle

L'impact sur la sphère professionnelle est réel, bien que variable. Plus de la moitié des salariés aidants signalent une baisse de disponibilité ou de productivité. Un tiers a recours plus fréquemment au télétravail, et 29% font face à des retards ou absences imprévues. Sur le plan de carrière, 21% ont pris des congés liés à leur situation, 17% ont réduit leur temps de travail, et 12% ont renoncé à des opportunités professionnelles.

Le silence en entreprise

Malgré ces répercussions, 61% des salariés aidants n'informent personne de leur situation au travail. Les raisons invoquées sont multiples : désir de séparer vie privée et vie professionnelle (34%), sentiment de ne pas être légitime (24%), méconnaissance des dispositifs (21%), ou encore crainte d'un impact sur leur carrière (25%) et de stigmatisation.

Attentes et solutions

Face à cette réalité, une large majorité (81%) des salariés aidants se dit favorable à la mise en place d'accords d'entreprise spécifiques. Les mesures les plus attendues concernent l'aménagement du temps de travail, comme le télétravail, les horaires flexibles, ou des congés dédiés. L'enquête souligne la nécessité de mieux reconnaître et accompagner cette population, faisant de l'aidance un enjeu social durable.

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