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Paris-Marseille : la SNCF lance le TGV M, avec une double rampe pour les voyageurs âgés et 5 cm de plus devant votre siège en seconde
Deux ans après la date promise, le TGV M entre enfin en service sur l'axe Paris-Marseille. Un train conçu, pour la première fois, en tenant compte de ceux qui montent avec une valise, un genou récalcitrant ou simplement l'envie de ne pas se contorsionner.
VENDREDI 6 NOVEMBRE 2026·Par Fabrice Crozier

Il devait rouler pour les Jeux olympiques de Paris. Il a finalement pris son départ ce vendredi matin, à 9h56, depuis la gare de Lyon — avec deux ans de retard sur le calendrier annoncé. Le TGV M, nouvelle génération du train à grande vitesse français, inaugurait sa liaison commerciale vers Marseille. Retard mis à part, ce qui intéresse les voyageurs réguliers, c'est ce qu'on trouve à l'intérieur.
Ce qui change vraiment pour monter à bord
Le TGV M est un train à deux niveaux, comme ses prédécesseurs Duplex. Mais l'escalier intérieur a été repensé. Une double rampe — deux mains courantes continues, des deux côtés — équipe désormais la montée vers l'étage. Ce n'est pas un détail cosmétique. Quiconque a tenté de négocier cet escalier avec un bagage en cabine et un genou capricieux sait à quel point l'ancien modèle était peu commode. La SNCF a visiblement intégré cette réalité dans la conception, sans en faire un argument marketing condescendant.
L'autre modification notable concerne l'espace aux jambes en seconde classe : cinq centimètres supplémentaires par rapport à la génération précédente. Sur un trajet Paris-Marseille de trois heures, c'est la différence entre arriver détendu et arriver contracté. Pour les voyageurs d'un mètre quatre-vingts et au-delà, ou simplement pour ceux dont les articulations réclament un peu de latitude, ce gain n'est pas négligeable.
Un train pensé pour durer, pas seulement pour impressionner
Le TGV M a été développé par Alstom sous le nom de programme "Avelia Horizon". La SNCF en a commandé une centaine de rames, pour un investissement de plusieurs milliards d'euros. L'ambition affichée : remplacer progressivement les TGV Duplex vieillissants, dont certains roulent depuis les années 1990, et augmenter la capacité globale du réseau grande vitesse français.
La rame est plus longue que les Duplex actuels, ce qui permet d'embarquer davantage de voyageurs — environ deux cents de plus par train selon les configurations. La SNCF mise sur cette capacité accrue pour répondre à une demande qui ne faiblit pas sur les grands axes, Paris-Lyon-Marseille en tête.
Sur le plan de l'accessibilité, le train intègre également des espaces dédiés aux fauteuils roulants mieux dimensionnés, et les portes d'accès ont été élargies. Ce sont des évolutions qui profitent à tous — familles avec poussettes, voyageurs avec bagages encombrants, personnes dont la mobilité varie selon les jours.
Le retard, et ce qu'il dit de la filière
Deux ans de glissement sur un programme ferroviaire de cette envergure, ce n'est pas une anomalie. C'est presque la norme dans l'industrie. Les raisons invoquées mêlent habituellement les aléas de la chaîne d'approvisionnement, les exigences de certification de sécurité ferroviaire — particulièrement strictes en France — et les ajustements de dernière heure imposés par les tests en conditions réelles. Le TGV M n'a pas échappé à cette logique.
Le calendrier initial, qui prévoyait une mise en service pour l'été 2024 et une vitrine lors des Jeux olympiques, était sans doute trop optimiste dès le départ. La SNCF n'est pas la seule à avoir sous-estimé les délais : Alstom traverse depuis plusieurs années des difficultés industrielles et financières qui ont pesé sur l'ensemble de ses programmes. La livraison des rames a pris du retard, les homologations aussi.
Pour le voyageur, cela ne change pas grand-chose rétrospectivement. Ce qui compte, c'est que le train roule maintenant — et qu'il roule bien.
Quand pourrez-vous le prendre ?
Le déploiement sera progressif. Dans un premier temps, seul l'axe Paris-Marseille est concerné. D'autres liaisons suivront au fil des livraisons de rames — Paris-Lyon, Paris-Bordeaux, Paris-Strasbourg figurent parmi les destinations annoncées à moyen terme. La montée en puissance prendra plusieurs années : une centaine de rames ne se substituent pas du jour au lendemain à un parc existant.
En pratique, si vous réservez un billet Paris-Marseille dans les prochaines semaines, vous pouvez tomber sur un TGV M ou sur un Duplex de l'ancienne génération. Les plateformes de réservation ne précisent pas toujours le type de matériel roulant au moment de l'achat — un point d'amélioration que la SNCF gagnerait à traiter rapidement, maintenant que la différence entre les deux trains devient tangible.
Le TGV M n'est pas une révolution. C'est une évolution sérieuse, construite sur les leçons de trente ans d'exploitation grande vitesse. Pour ceux qui font régulièrement Paris-Marseille, c'est suffisant pour attendre la prochaine réservation avec un peu plus d'enthousiasme qu'à l'ordinaire.
Source : Senioractu.com.
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