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Un foyer français sur trois a eu du mal à payer sa facture de gaz ou d'électricité : savez-vous que votre caisse de retraite peut vous aider à la régler ?
Un foyer français sur trois a eu du mal à régler ses factures d'énergie l'an passé. Ce que peu de gens savent : leur caisse de retraite peut intervenir, et les démarches sont moins complexes qu'on ne l'imagine.
MARDI 3 NOVEMBRE 2026·Par Fabrice Crozier
Baisser le thermostat par calcul, pas par conviction écologique : c'est ce que font des millions de ménages français dès que les températures chutent. Un baromètre annuel publié récemment le confirme sans détour — un foyer sur trois a eu du mal à honorer sa facture de gaz ou d'électricité au cours des douze derniers mois. Certains ont eu froid chez eux. Pas par négligence, mais par arbitrage contraint entre le chauffage et le reste.
Une précarité énergétique plus large qu'on ne le croit
La précarité énergétique n'est pas réservée aux ménages les plus modestes. Elle touche aussi des retraités propriétaires de leur logement, des personnes seules dont les revenus fixes n'ont pas suivi la courbe des prix, des couples qui ont soldé leur emprunt mais se retrouvent dans une passoire thermique qu'ils n'ont pas les moyens de rénover. Le profil est plus diffus, et donc moins visible.
Depuis le choc des prix de l'énergie amorcé en 2021-2022 — guerre en Ukraine, tensions sur le marché du gaz européen, parc nucléaire français en sous-capacité temporaire —, les factures ont augmenté de façon durable. Les boucliers tarifaires mis en place par l'État ont amorti le choc, puis ont été progressivement levés. Le tarif réglementé du gaz a disparu pour les particuliers. Résultat : des ménages qui n'avaient jamais eu de difficultés se retrouvent à jongler.
La réponse instinctive — baisser le chauffage — a des effets sur la santé que l'on sous-estime. Un logement maintenu en dessous de 18 °C de façon prolongée aggrave les pathologies respiratoires, favorise l'humidité et les moisissures, et fragilise les personnes dont la thermorégulation est moins efficace. Ce n'est pas un détail médical mineur.
Ce que votre caisse de retraite peut faire
C'est là que beaucoup passent à côté d'une aide concrète. Les caisses de retraite du régime général — la Carsat (Caisse d'assurance retraite et de la santé au travail) selon les régions, ou la CNAV en Île-de-France — disposent d'un budget d'action sociale qui peut prendre en charge, en tout ou partie, des dépenses liées à l'énergie. Ces aides ne sont pas automatiques : elles se demandent, et elles restent méconnues.
Concrètement, plusieurs dispositifs coexistent. Le plus direct est l'aide ponctuelle au paiement d'une facture impayée ou difficile à absorber. Mais les caisses financent aussi des diagnostics énergétiques à domicile, des travaux d'isolation ou de remplacement de chaudière dans le cadre de plans d'aide à l'autonomie, et parfois des équipements de chauffage d'appoint. Les conditions varient selon les caisses et les ressources du demandeur, mais le plafond d'éligibilité est souvent plus élevé qu'on ne l'anticipe.
La démarche commence par un contact avec l'assistante sociale de sa caisse — accessible par téléphone, via l'espace personnel en ligne, ou lors de permanences locales. Un bilan de situation est établi. Il ne s'agit pas d'une procédure humiliante : c'est un droit ouvert par les cotisations versées tout au long d'une vie active.
Les autres leviers à connaître avant l'hiver
Au-delà des caisses de retraite, d'autres dispositifs méritent d'être connus.
Le chèque énergie, attribué automatiquement sous conditions de ressources par l'Agence de services et de paiement, permet de régler une facture ou d'être crédité directement auprès du fournisseur. Son montant — entre 48 et 277 euros selon les revenus et la composition du foyer — est modeste, mais il est cumulable avec d'autres aides. Si vous pensez y avoir droit et ne l'avez pas reçu, une demande de vérification est possible sur le site officiel.
Le Fonds de solidarité pour le logement (FSL), géré par les conseils départementaux, peut intervenir en cas de facture impayée pour éviter une coupure. Les travailleurs sociaux des CCAS (centres communaux d'action sociale) sont les interlocuteurs naturels pour ce type de dossier.
Enfin, MaPrimeRénov' reste le dispositif central pour financer des travaux d'amélioration thermique. Son accès a été recentré et ses règles ont évolué ces dernières années, mais il reste accessible aux propriétaires occupants, y compris pour des interventions ciblées comme l'isolation des combles ou le remplacement d'un système de chauffage vétuste. L'Agence nationale de l'habitat (Anah) et le réseau France Rénov' sont les points d'entrée.
Avant les grosses factures de l'hiver, mieux vaut savoir vers qui se tourner — et ne pas attendre d'être en défaut de paiement pour le faire.
Les aides existent. Elles sont fragmentées, parfois mal signalées, et supposent une démarche active. Mais elles existent. Et contrairement à ce que laisse entendre le silence qui entoure souvent ces sujets, les solliciter n'a rien d'une capitulation — c'est simplement faire usage de ce à quoi l'on a contribué.
Source : Senioractu.com.
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